LA VALEUR DES SERVICES TOURISTIQUES D’UN PARC ET DROIT D’ENTREE: Cas du Parc National d’Andasibe - Madagascar

Septembre 2001

Résumé Exécutif

 

Introduction

Les parcs nationaux apportent des bénéfices à la société de plusieurs manières. Par leurs fonctions écologiques, les parcs nationaux offrent des services récréatifs aux visiteurs et aident le pays à générer des devises de la part des touristes étrangers. Actuellement, 15 parcs nationaux sont accessibles aux visiteurs dont le parc national de Mantadia-Andasibe. Ils sont aménagés en lieux de loisirs, de détente et de découvertes, dans le respect de la biodiversité et de l’environnement

Ceux qui viennent pour le tourisme sont attirés surtout par la faune et la flore (Enquête Projet MADIO). Près d’un touriste sur trois a décidé de venir à Madagascar pour sa faune et sa flore et 11% d’entre eux visitent le parc national d’Andasibe.

Environ 44,000 touristes étrangers ont visité les Aires Protégées d’ANGAP en 2000 et ont payé un droit d’entrée de 50,000 FMG ($7.70) valable pour trois jours. En ajoutant les droits payés par les visiteurs nationaux, les recettes annuelles sur les entrées sont dans l’ordre de 2,6 milliards de FMG (USD 400,000). La moitié des recettes reviennent aux communautés aux alentours des Aires Protégées et le reste contribue aux frais de fonctionnement de l’ANGAP.

Les fonds de gestion du parc viennent de trois sources : du gouvernement central, des droits d’entrées, et des bailleurs de fonds. La contribution du gouvernement est limitée à cause des autres programmes de développement prioritaires. Les droits d’entrées financent moins de 3% des coûts annuels de l’ANGAP. Le reste du budget est assuré par les bailleurs de fonds. Il serait possible de générer plus de revenu en fixant un tarif approprié compte tenu de la valeur des services offerts par les parcs et le nombre de visiteurs.

Objectif de l’étude

L’objectif de l’étude est d’estimer la valeur économique des services touristiques et de loisirs offerts par le parc national d’Andasibe. Le parc National d’Andasibe est constitué par deux aires protégées, la Réserve spéciale d'Indri d'Analamazaotra et le parc national de Mantadia.

La méthode d’analyse consiste à demander aux visiteurs du parc leur consentement à payer (CAP) plus en droit d’entrée par rapport au tarif actuel et cela en fonction de la qualité des services et de la préservation du parc.

 

Cette étude devrait permettre de réviser le droit d’entrée selon les CAP des visiteurs. Fixer un niveau adéquat du droit d'entrée en fonction des CAP est important pour permettra de capturer plus de bénéfices résultants des usages des aires protégées.

 

Les visiteurs étrangers paient 50,000 fmg pour entrer dans le parc. De ce fait, la méthode d’évaluation contingente demande aux visiteurs de considérer l’impact d’une augmentation du droit d’entrée sur leur décision de visiter les parcs de Madagascar. La méthode permet à estimer le rapport entre la décision de visiter un parc et le tarif imposé.

Pour cette analyse, une enquête a été faite dans deux endroits différents. A Andasibe à la sortie du parc (543 visiteurs) et à l’aéroport pour les passagers avant embarquement (195 touristes étrangers).

Les résultats

Pour l’ensemble des touristes enquêtés, la principale raison de visite à Madagascar est l’écotourisme et le tourisme. La durée moyenne des séjours à Madagascar est de l’ordre de 23 jours, et 1,4 jours pour les séjours à Andasibe. Les visiteurs sont relativement jeunes ayant un age moyenne de 40 ans. La majorité des touristes qui viennent à Andasibe sont des Européens.

Globalement les visiteurs venus au parc national d'Andasibe sont satisfaits des services offerts par le parc. Mais les résultats ont montré qu'il y a une insuffisance d'informations et de communication dans le parc. Si la grande majorité ont dit avoir été très satisfaits des divers services, comme les infrastructures d'aménagement dans le parc, du service de guidage, et des circuits offerts, seulement un peu moins de la moitié des visiteurs ont été très satisfaits de la communication et de l'information dans le parc.

On peut confirmer qu’une augmentation modeste du droit d’entrée n’aurait pas d’impact négatif sur le nombre de visiteurs. Le consentement des touristes à payer un montant additionnel par rapport au droit d’entrée actuel est estimé à US$4.8 en moyenne dans un scénario sans amélioration des services offerts dans le parc. Dans le cas avec amélioration des services du parc, les touristes sont prêts à payer US$ 7.7 de plus par rapport au tarif actuel.

Le droit d’entrée acceptable par les touristes internationaux est alors estimé à US$ 12.50 pour le niveau de service actuel et à US$ 15.40 si les services sont améliorés.

Les implications

Une méthodologie pour l’analyse de la demande de services touristiques des parcs et tarification. Les résultats montrent qu’une méthodologie basée sur l’évaluation contingente peut être utilisée à Madagascar pour estimer la demande des services touristiques des visiteurs dans les aires protégées. Une étude relativement simple peut être conduite pour déterminer si le niveau du droit d’entrée correspond à la valeur qu’apprécient les visiteurs.

L’augmentation de tarifs devrait être accompagnée par des investissements. Les consentements à payer des visiteurs sont fonctions du niveau et qualité des services offerts par le parc. Il serait possible de capturer beaucoup plus de bénéfices à travers les droits d’entrée si des efforts d’amélioration des services soient faits.

Dans l’état actuel des services du parc, les touristes accepteront à payer en moyenne un droit d’entrée de US$ 12.50. En cas des améliorations des services, surtout au niveau de l’information, la communication et les infrastructures d’aménagement, il serait possible de d’augmenter le droit d’entrée à US$15.40.

Possibilité de différenciation des tarifs.

L’étude concerne les visiteurs étrangers. Il est évident que les nationaux ont un consentement à payer beaucoup plus inférieur. Le système de tarification différencié actuel entre les nationaux et étrangers restent valable. L’application de la méthodologie dans l’ensemble des parcs permettra aussi d’estimer les consentements à payer des touristes suivants les qualités et les caractéristiques des parcs. Cette approche permettra de voir la possibilité de mettre en place un système de tarification différencié selon les parcs.

Références

RAMBELOMA Tiana, Evaluation économique des services touristiques d’un parc : cas du parc national de Mantadia, Andasibe : juin 2001